Cela fait quelques semaines que je retourne dans ma tête la rédaction d’un nouveau post sur le blog, sans réussir à trouver la manière de commenter la réalité du terrain. Tout a été dis ces derniers jours… Dans a peu prêt tous les journaux locaux sont sortis des articles qui traitent de la difficulté que représente cette année pour les agriculteurs, les éleveurs, les paysans. Même s’il faut bien reconnaître que suivant les productions les effets sont plus ou moins dévastateurs, pour les tout petits dont je fais partie, les effets sont autant impitoyables mais sans aucun espoir que des aides publiques viennent nous apporter un support nécessaire. Je ne me fais d’illusion, des aides nous n’en avons quasiment aucune et nous n’en auront pas plus cette fois. Depuis l’an dernier je bénéficie du crédit d’impôt bio (une aide quasi automatique attribué aux producteur qui font le choix de produire suivant le cahier des charges de l’agriculture biologique) qui représente tout de même 4 500 €. Cette année cette aide me permet de payer mes frais de labellisation, ma cotisation MSA et ma facture d’eau pour l’irrigation qui a explosée (j’ai consommé en 6 mois deux fois plus que pour toute l’année dernière !!!).
Je ne vais pas m’étendre trop sur ce qui a déjà été dit : l’année est catastrophique pour les maraîchers, la production estivale a été médiocre et la quasi totalité de ce qui a pour le moment été planté pour cet automne et cet hiver est mort grillé. Les conséquences sont assez évidentes sur les revenus et c’est, je pense, d’autant plus vrai pour les jeunes exploitations qui n’ont pas encore pu constituer de trésorerie, ni eu le temps d’investir suffisamment dans du materiel pour s’assurer le ressort nécessaire.
Le retour d’un temps frais et d’un peu d’eau donne l’espoir de semer et planter tardivement pour tenter une petite production en espérant que le froid n’arrive pas trop vite à l’automne.
Ce que je voulais surtout évoquer se sont les conséquences pour la vie de l’exploitation. Cette année et la prochaine étaient critiques… Décisives… Hors cette année je ne remplirai sans doute même pas la moitié de mes objectifs financiers, je ferai sans doute même un moins bon chiffre d’affaire que l’an dernier !!! Je ne veux pas baisser les bras, mais je ne dispose pas de ressources suffisantes pour continuer dans la même direction. Le projet carotte bleue est donc en train de changer légèrement de cap.
Comment tout ça se concrétise ?
La première urgence était pour moi de pouvoir me reposer sur une source de revenu un peu plus fiable au moins temporairement, j’ai donc mis à jour mon CV pour chercher du travail à temps partiel. C’est la bonne nouvelle de l’histoire, j’en ai trouvé :). Je ne dis pas quoi pour le moment (j’ai commencé fin août), j’en parlerai dans un poste dédié. Je suis heureux d’avoir trouvé un travail intéressant et enrichissant (même s’il nécessite un investissement personnel au démarrage qui va pas mal m’occuper au début).
Le deuxième point c’est que j’ai donc moins de temps pour l’exploitation et il va falloir que je réduise la voilure ce qui va se concrétiser de plusieurs manières.
- Je pense réduire la partie production de plants. J’en ferai toujours mais en moins grande quantité. Les plants que je produirai seront désormais dans des plus gros contenants et plus vigoureux encore que ceux que je produisais jusqu’à maintenant. Je suis en train de tester de la poterie compostable pour réduire l’utilisation du plastique pour faire des plants bio jusqu’au bout du pot. Les tarifs augmenteront en conséquences.
- Je vais réduire ma présence sur les marchés, les ventes se feront en grande partie sur place à la ferme ou sur réservation et livraison dans un rayon raisonnable.
- Pour la partie légume, je conserverai un ou deux marchés d’été, mais le reste du temps je me concentrerai sur la vente de panier sur place ou en livraison.
- Je continue la production de semences. Je serai présent sur plusieurs marchés pour les fêtes de fin d’années (Ferme de Sainte-Cécile à Briec le week-end du 13 décembre et à Gulvain le 20 décembre). N’hésitez pas à commander des semences de la campagne 2025/2026 pour me soutenir, en plus elles sont en soldes !
Je vais également modifier les cultures de plein champ. Je vais réduire la partie légumière, augmenter la surface d’arbres et de cultures pérennes.
Voilà… D’un côté il est difficile de devoir revoir mes plants aussi vite après l’installation… D’un autre je suis heureux d’avoir la liberté de pouvoir le faire et de le faire dans de bonnes conditions par le biais de projets intéressants et qui continuent à avoir un sens. Le vent nous pousse parfois dans des directions inattendues, il nous secoue, nous ballotte… Cette fois encore je vais le laisser m’emporter et, qui sait, peut-être est-ce la bonne direction ?






